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Le blog de Serge Métier

Elevage d'alaskan Husky. Randonnée en chien de traineau en laponie suèdoise. Le long de la plus grande piste de suède : la Kungsleden

Le Sénat vote une loi créant des zones d'exclusion du loup

Publié le 1 Février 2013 par Serge Métier in divers

La ministre de l'écologie, Delphine Batho, a bien affirmé que le loup "fait partie de notre patrimoine naturel", et que "sa cohabitation avec l'homme est un défi qu'il nous faut relever". Les socialistes et le gouvernement ont estimé le calendrier parlementaire peu opportun, alors que le nouveau plan national Loup 2013-2017 – dont la première mouture devrait être présentée le 5 février – insistera lui-même sur la nécessité d'une gestion différenciée pour limiter les dégâts du grand prédateur. Mais rien n'y a fait : mercredi 30 janvier, le Sénat a adopté en première lecture, par 208 voix contre 131, un texte de loi "visant à créer des zones de protection renforcée contre le loup".

En clair : des zones où l'abattage de loups serait autorisé annuellement par arrêté préfectoral, "indépendamment du prélèvement défini au niveau national". Un plafond de destruction spécifique serait déterminé pour chaque zone.

"PERTURBATION DE GRANDE AMPLEUR"

Déposée en octobre 2012, la proposition de loi portée par Alain Bertrand, sénateur de Lozère (PS, groupe RDSE) prévoit que ces zones regrouperont "les communes dans lesquelles des dommages importants sont constatés, causant une perturbation de grande ampleur aux activités pastorales en dépit des mesures de protection".

Lire :  Ces parlementaires qui crient au loup

L'unique article de ce texte de loi précise que ces zones de protection renforcée contre le loup "ne peuvent nuire au maintien, dans un état de conservation favorable, de cette espèce sur le territoire national". Une assertion que contesteFrance Nature Environnement (FNE), "pour des raisons biologiques".

"Le loup est une espèce très mobile, et la création de "zones de protection renforcée" ne ferait que renforcer la pression de l'espèce sur les territoires voisins non "zonés"", affirmait ce groupement d'associations environnementales dans unelettre ouverte aux sénateurs diffusée le 28 janvier. "A moins que l'objectif – et la logique sous-jacente à cette proposition – soit qu'un maximum de ces territoires soient définis comme "zones de protection renforcée", auquel cas (...) ce type de disposition serait contradictoire avec le cadre réglementaire".

"LE NOMBRE DE LOUPS DOIT ABSOLUMENT DIMINUER"

L'argument n'a guère convaincu dans l'hémicycle du palais du Luxembourg, où les plus passionnés se sont attachés à rappeler la détresse des éleveurs confrontés aux attaques de cette espèce carnivore, protégée par la Convention de Berne et ladirective européenne Habitats.

"Ces éleveurs qui aiment leurs bêtes, je les ai vus pleurer", a affirmé, une photo de brebis égorgée à la main, le sénateur Gérard Bailly (UMP, Jura), pour qui "le nombre de loups doit absolument diminuer sur l'ensemble de notre territoire, ce qui ne menacera pas pour autant l'espèce". L'aire de répartition du loup augmente de 25% par an et la population croît de façon régulière. Elle compte environ 250 spécimens sur notre territoire. Ce qui, selon les experts de la Convention de Berne, n'apporte pas la garantie de la non-disparition de l'espèce.

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