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Le blog de Serge Métier

Elevage d'alaskan Husky. Randonnée en chien de traineau en laponie suèdoise. Le long de la plus grande piste de suède : la Kungsleden

Voyage à Drevdagen en Suède avec mon frère

Publié le 16 Janvier 2011 par Serge Métier in divers

  

Rapport du voyage vers Drevdagen


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Dimanche 26 décembre 2010

 

Nous partons d'Ennetières en Weppes tôt le matin vers 3H45. La veille avant ce départ, j'ai connu bien des péripéties afin de sortir de ma propre maison dues à une tempête de neige sur la Somme. Une des plus violentes depuis au moins 50 ans. Des congères de plus d'un mètre et parfois de deux mètres se sont formées sur les routes, rendant impossible le déneigement par les  services de la DDE. La nationale elle même était fermée. Quelques personnes ont du dormir dans les voitures ou dans les camions bloqués à l'arrêt au milieu des champs. Une dame est même restée deux jours coincée avant qu'on ne la retrouve en bonne santé bien heureusement. 

C'est donc dans un état de forme moyen que je prends la route avec mon frère et nos 9 chiens en direction de Drevdagen, petit village typiquement suédois. Il est situé environ à mi hauteur du pays à 700 mètres d'altitude. Les hivers sont particulièrement rigoureux. Nous sommes dans une région quasi sibérienne. Dominik et Béat, nos hébergeurs viennent de me transmette un mail m'informant que cette nuit la température vient de chuter à - 36 degrés. L'enneigement est de 50 cm. Normalement pas de problème pour nous faire les pistes avec les chiens. Alain, mon frère, vient plutôt faire de la motoneige. C'est notre troisième périple en laponie. Nos précédentes années nous ont offertes de grands moments avec des souvenirs forts. Lorsque nous partons dans ces contrées, il faut rester humble car, nous ne pouvons jamais deviner à l'avance ce qu'il peut se passer. 

 

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Notre départ se fait sous la neige française. Une dizaine de centimètres vient recouvrir les champs des Weppes. Il est nettement moins tombé de poudreuse ici chez mon frère que par chez moi. Gros avantage pour nous qui faisons la route, les gens sont restés chez eux et ainsi, nous croisons en tout et pour tout une dizaine de voitures jusqu'à la frontière Hollandaise. Arrivés à Eindhoven, les choses se corsent. Mon GPS de voiture fait toujours une erreur à ce niveau car je pense qu'il ne doit pas être à jour. Il nous envoie dans le centre ville. Nous devons donc improviser pour retrouver la route. Le modernisme a du bon quand il fonctionne, par contre en cas d'erreurs, tout s'écroule autour de vous. Nous perdons inutilement une bonne demie heure. Il se met à neiger brutalement à gros flocons. Nous voici contraints de ralentir notre allure. J'ai pris mon ancienne remorque, plus petite qui offre moins de prise au vent, ainsi nous pouvons rouler plus aisément jusqu'à 120 km heure. Avec cette neige, nous voici contraints de stagner à 90 jusqu'à Hambourg en Allemagne. La portion Brême-Hambourg est toujours en travaux. Voici 12 ans que j'y passe et ils n'ont toujours pas finis. Je pense qu'en France de nombreux utilisateurs auraient déjà bien râlé et les choses iraient plus vite.  Nos passages aux frontières se font sans aucun contrôle. Vive l'Europe. De toute façon nous sommes en règle sur toute la ligne. J'ai eu tant de problèmes pour faire les papiers des chiens cette année suite aux nouvelles réformes. Tant mieux, c'est du temps de gagné. Nous arrivons donc à Göteborg à 20h15 comme prévu. Traditionnellement, je fais une pause ici à l'hôtel Formule 1. C'est un des rares ouverts à n'importe quelle heure de la nuit. Ainsi si j'arrive en retard, je peux tout de même rentrer grâce à une borne électronique externe qui permet de réserver une chambre. Mais cette fois ci, nous ne sommes pas vernis. L'hôtel est fermé. Nous sommes redirigés vers un autre en plein centre ville. Nous nous y rendons. Je trouve l'endroit peu sûr pour y laisser la remorque et la voiture chargée de toutes nos affaires, seule. Aussi, nous reprenons la route en direction d'Oslo en espérant avoir de la chance de retrouver un autre logement. Nous sonnons à plusieurs portes mais à cette heure, tout est fermé. C'est comme ça ici en Suède il faut arriver tôt. Nous nous arrêtons dans une station service, déjà pour y faire le plein, mais aussi pour demander où l'on pourrait dénicher un autre hôtel. La serveuse nous indique une direction. Une nouvelle, l'hôtel est difficile à trouver et fermé de surcroit.  Je connais bien la chaîne Scandic Hôtel pour y avoir séjourné avec ma femme et mes enfants il y a une dizaine d'année. J'en vois un sur la route. Je sais bien que c'est beaucoup plus cher. Mais au moins nous pourrons faire une pause et aussi avoir un parking gardé. Voilà donc deux heures de perdues et du sommeil en moins. La route a été épuisante, nous méritons nos quelques heures de sommeil avant de repartir demain.

 

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Lundi 27 décembre 2010

 

Réveil à 6 h. Je sors les chiens sur le parking de l'hôtel et en profite pour les nourrir et les abreuver. Vicky n'est pas encore habituée à ces voyages et voici depuis mon départ de Gueudeucourt qu'elle ne veut pas, ni manger ni boire. Je sais par expérience que tous mes chiens ont toujours fait ça lors de leur premier voyage. Je ne m'en inquiète pas plus que ça. Le petit déjeuner est compris. Nous profitons donc d'un moment de répit sur cette route fastidieuse pour apprécier les délices suédois. Effectivement la promesse est à la hauteur de nos désirs. L'offre du buffet est réellement prodigieuse. Je ne sais pas si j'ai déjà vu une telle opulence de choix lors d'un petit déjeuner. J'essaie de gouter à un maximum de choses. Mais il y en a trop, et pour tous les goûts. Du sucré,  ou salé. J'aime bien les gâteaux typiques ainsi que leurs yaourts. Même l'offre en jus de fruit est alléchante. 

C'est donc le ventre bien plein que nous prenons la route. Cela change de mes habitudes. Il ne neige plus mais la route est totalement verglacée. Je ne peux dépasser les 100 à l'heure. Le vent latéral s'est levé. Il devient plus difficile de conduire avec une remorque dans ces cas là. Cette fois ci, nous sommes arrêtés à la frontière norvégienne. Une jeune douanière, nous pose tout un tas de questions sur l'objet de mon voyage. Elle ne remarque pas la présence des chiens à l'arrière et nous laisse passer bien gentiment. Il ne nous reste plus qu'un col à franchir à 750 m. Le problème étant la descente, car le remorque pousse et je dois donc laisser le frein moteur agir. Je préfère ne pas me presser mais arriver en bon état. De toute façon nous avons le temps car contrairement à nos autres voyages, nous avons presque 10 heures de route en moins. 

Nous arrivons vers 16 h. Béat nous invite à boire un café. Nous discutons sur l'état des pistes. Comme nous sommes presque les premiers à venir, pour le moment, peu de pistes sont ouvertes. Mais comme Alain a loué son scooter des neiges, nous pourrons nous aventurer dans la poudreuse. 

Nous visitons le chenil de Dominik. Elle me présente les chiens. Ce sont des sibériens de pure race, bien bâtis. J'aime bien ces chiens là car ils sont beaux et endurants. Ils sont aussi beaucoup plus calmes que mes alaskans. Béat n'a pas été approvisionné par le livreur de viande congelée et n'a que deux kilos à m'offrir. Ce sera suffisant pour demain. Il espère tout de même être livré rapidement. J'ai bien fait de prendre avec moi plus de croquettes que prévu. 

J'ai bien installé mes 9 chiens dans le petit chenil à coté de notre stuga. Ils sont contents d'être enfin libérés de la remorque. Et au moins ici, ils ne sont pas enchainés et pourront passer la nuit dehors bien au chaud dans une niche avec de la paille. Vicky remange normalement. Elle est déstressée, tout comme son maître car cette route c'est vraiment une épreuve tant physique que morale.

 

Mardi 28 décembre 2010

 

-22 degrés beau temps. Réveil difficile, mais nous sommes bien reposés. Je nourris les chiens très tôt avec beaucoup d'eau. Ici, on ne peut pas mettre de gamelle d'eau dehors car elle gèle quasi instantanément et le seul moyen d'abreuver les chiens et de rajouter de l'eau dans les croquettes. La viande fraîche que j'ai achetée hier à Béat me sert bien à ce sujet aussi. 10 h, pas de nouvelles de ma motoneige. Elle devait normalement être là à 9 h. Je vais donc chez Béat lui demander de téléphoner à Idre pour voir ce qu'ils font. Ils ont effectivement du retard, mais sont en chemin. Ils arrivent tout de même vers 11h. A notre avis les heures suédoises ne doivent pas être de la même durée que par chez nous. Bref, il nous reste plus beaucoup de temps avant le coucher de soleil ( pensait on). Alain fait le tour du lac avec le scooter et retrouve les sensations de glisse avec les efforts que ça demande pour maintenir le guidon immobile. 

Nous attelons donc les chiens vers midi. Je prends avec moi 6 de mes compagnons. Speedy Vicky en tête puis Balto et Snowly et enfin Bjorn et Lopa. C'est enfin l'occasion d'essayer le nouveau traineau R.S.S. Il est articulé et tout de même assez léger. Les patins neufs peuvent offrir une glisse parfaite. Je vais suivre Alain qui m'ouvre la piste. 

Au premier croisement, nous voici devant une première épreuve. Alain vient de se retourner avec l'engin. Il s'est fait surprendre par la poudreuse. Car si on ne fait pas attention en laissant bien les patins avant du scooter parfaitement sur la piste dure, on est déséquilibré, et la machine s'enfonce d'un coté allant jusqu'à se retourner complètement. Il nous faut donc trouver le moyen de remettre tout ça sur pied. Alain n'a rien s'est déjà ça. Mais il n'a pas assez de force pour la bouger d'un centimètre, et moi je suis coincé sur mon traineau car je ne peux laisser les chiens seuls, ils repartiraient sans moi. Même ma très grosse ancre à neige de 5 kg ne peut les stopper dans cette poudreuse. Je trouve donc le seul moyen qui nous reste. Accrocher avec une corde ( que j'ai emmenée dans le sac du traineau), le patin avant de la motoneige à ma ligne de trait. Ainsi ce sont les chiens, avec leur force qui vont redresser la machine. Alain n'a plus qu'à repartir en faisant plus attention. Chaque année il nous fait un coup comme celui là.

Les sensations sont nouvelles sur ce fameux traineau. Je vais vraiment vite. Je suis obligé de freiner tout le temps car je vais plus rapidement qu'Alain devant moi. Nous suivons l'unique piste qui part au sud en direction d'ID Persaten. Une boucle de 24 Km. Les arbres croulent littéralement sous la neige. Avec ce ciel d'un bleu très clair, c'est magnifique. Il n'existe qu'un dégradé de couleur simple ici : Bleu blanc et noir. Je suis la seule tâche de rouge au milieu de tout ça. Parfois, on a l'illusion d'optique que la neige est bleue. Les rayons du soleil se reflètent dedans comme sur la mer. On se croirait dans un bateau. Je reconnais bien les paysages de l'année précédente. La grosse différence réside en l'enneigement qui est inférieur à celui de février. La piste est ainsi plus technique car elle découvre des passages de glace ainsi que des trous et même parfois quelques rochers ou racines d'arbres. A peine à 7 km du départ je rattrape deux attelages de 10 malamutes. Impossible pour moi de les croiser avec Vicky et Speedy en tête. Le risque de bagarres me semble trop important. Aussi, nous faisons une pause de 15 minutes afin de leur laisser de l'avance. Cette fois ci mon ancre fonctionne à merveille. Mes chiens hurlent à tue tête pendant ce temps en essayant de tirer sur les cordes pour repartir. Pas moyen de les calmer. Ce sera ainsi à chaque arrêt, quelque soit sa durée. Nous devrons procéder ainsi 5 fois. Mes chiens sont vraiment déchainés. Mon problème étant que chaque arrêt les fatigue, car pour eux repartir est pénible et c'est l'occasion de refroidir les muscles. Mais je n'ai pas le choix. Il fait vraiment très froid, et notre visage ainsi que la moustache d'Alain est recouverte de glace.  Mes doigts de pieds sont gelés, et je n'arrive plus à les bouger. Je ne me suis pas assez couvert en partant. J'ai sous estimé le froid qu'il faisait. Il est temps d'arriver. 

J'ai grand peine à enlever les harnais des chiens. Je dois remettre les gros gants et attendre que mes doigts se réchauffent entre chaque chien. Moi qui ne souffre quasiment jamais du froid au niveau des mains, on peut dire que maintenant je connais ça. J'ai aussi bien du mal de me réchauffer les orteils sur le chauffage de la maison. Il ne reste plus qu'à abreuver les chiens avec de la sauce de viande et un peu de croquettes. Il fait - 27 degrés.

 

 

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Mercredi 29 décembre 2010

 

-30 degrés, beau temps. Il fait froid ce matin dans le chalet. Nous n'avons plus de bois pour le poêle et le peu qu'il nous reste n'arrive pas à prendre. Les chiens sont heureux de pouvoir boire une soupe chaude. L'eau gèle très rapidement dans les gamelles aussi ils doivent faire vite. Mauvaise nouvelle, Alain souffre d'un lumbago important, il ne peut donc pas faire de motoneige ce matin. Il va falloir que je parte seul avec mes 6 chiens pour le même parcours que la veille. Cette fois ci les chiens vont pouvoir courir d'une traite et je vais pouvoir mesurer leur performance. 

Le départ est mauvais aussi, A peine démarré, les chiens tirent tellement fort que deux harnais viennent à être déchirés. Ils étaient pourtant en bon état avant de partir. La vitesse de croisière est importante et je fais les 24 km à 16 km heure de moyenne. C'est pas mal surtout avec un traineau chargé de petit matériel. Cette fois ci, j'ai mis les habits grand froid et je n'ai aucunement senti la morsure de la température. Les bottes Northern Outfitters sont vraiment efficaces. 

Nous profitons de l'après midi pour faire des provisions au supermarché de Idre. C'est l'occasion pour Alain de découvrir la station. A cause de son lumbago, nous ne pouvons pas faire de promenade à pied.

 

Jeudi 30 décembre 2010

 

-9 degrés, neige. Trois élans sont en train de manger sous nos fenêtres à notre réveil. C'est incroyable de voir ça, ils sont à 4 ou 5 mètres de la maison. Je fais des photos uniques. Ces bêtes sont énormes. il y a un mâle et deux femelles. Rien que la tête avoisine le mètre. Le spectacle dure environ 30 minutes avant qu'ils s'en retournent.

Les chiens bien excités sont difficiles à atteler. J'en emmène 6 et Alain reste encore à la maison car le dos ne va pas mieux. 7 cm de poudreuse recouvre la piste, il va encore falloir faire la trace et ralentir l'allure. Je suis le premier à passer et je devine donc le circuit. Les chiens reconnaissent de toute façon la poudreuse pure à la piste un peu plus dure et ne s'aventurent pas en terre inconnue. 20,5 km à 15 km heure. Je suis content car j'ai bien l'impression qu'ils ont encore mieux marché qu'hier.

 

Vendredi 31 décembre 2010

 

-5 degrés, nuageux, je vais faire un tour avec 7 chiens. J'ai hésité longuement pour savoir où je m'en irais avec eux. Je pensais faire les deux boucles à la suite mais les chiens sont fatigués. Essentiellement Norska. Il faut dire qu'elle fait toujours cette grossesse nerveuse à petite dose. Ca la gêne pour courir. Aussi, je ne fais que la petite boucle. Je dois croiser face à face 3 attelages dont Béat avec des clients. 

Je repars juste après manger en motoneige en direction du fameux refuge d'ID Persaten. Je suis tout du long un groupe de 6 mushers. Le vent se lève et efface la piste. La neige s'est soulevée par endroit et laisse la glace libre sur la piste. Pas facile de passer dessus en motoneige car ça glisse très fort. Le refuge est habité. Trois motoneigistes y demeurent. Et en voilà encore deux qui arrivent. Je dame une boucle autour du chalet de façon à ce que s'y j'y reviens avec les chiens, j'aurai une trace pour le demi tour. Mon retour est plus difficile, le vent a effacé  la piste. Je m'oriente grâce aux croix rouges le long du chemin. Arrivé sur le dernier lac de Drevdagen, je ne retrouve plus mes traces et je prends au hasard en fonction du cap à suivre sur cette grande étendue blanche. Ce soir c'est le réveillon du nouvel an. Nos amis suédois et allemands nous ont préparé un génial feu d'artifice avec un gros bouquet final. Superbe.

 

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Samedi 1 er janvier 2011

 

- 6 degrés, vent violent. J'ai dû me lever cette nuit pour protéger le traîneau que j'ai laissé à côté de la maison. Les bourrasques de vent aurait pu l'emmener loin. J'ai peine à tenir debout. Des grenaches d'arbres cassés volent partout. Je rentre dormir dans un bruit infernal.

Au réveil les pistes sont totalement effacées. Je pense faire une journée de repos aux chiens mais l'appel de la forêt est trop fort et je me lance en motoneige pour ouvrir une voie sur le lac immaculé. Etant le premier à passer je dois choisir l'axe de ma route. Je m'enfonce par endroit dans de l'eau et par moment j'entends la glace craquer sous le poids du scooter. J'arrive tout de même à passer et rejoins la grosse piste de Idre. Aussi, je décide de partir avec Willy et 5 autres chiens. A peine démarré je me trouve nez à nez avec 6 malamutes. Ils viennent s'emmêler dans mes chiens. Ouf, pas de bagarres. Willy ne s'est pas jeté sur aucun de ces congénères. Je poursuis ma piste. Seule une trace de motoneige me permet de savoir où je dois aller. Les chiens vont vite. C'est Speedy qui fait tout le boulot. Il est vraiment exceptionnel ce chien là. A 11 ans il arrive encore à être le meilleur de tous mes chiens. Il mène la danse jusqu'au douzième kilomètre ou je m'arrête pour intervertir Norska et Vicky. La petite a du mal de rester en tête, elle va bien mieux en queue. D'ailleurs à peine attelée et nous voici partis au galop jusqu'à l'arrivée. Je suis un attelage de 7 sibériens. Nous croisons ensemble un tram de 12 alaskans face à face. Nous passons tous sans nous arrêter. Impressionnant. Je viens de faire 18,5 km en 1 heure dans la poudreuse. Je suis hyper content. 

 

Dimanche 2 janvier 2011

 

-8 degrés, Beau temps. Journée de repos canine. C'est l'occasion pour nous d'aller manger à Idre au resto. Petite Pizza sympa. Le coin est vraiment agréable. Dommage que le resto lapon soit fermé. On y retournera. Nous poursuivons par la visite de la station d'Idrefjäll. Là nous y découvrons beaucoup de monde. Bien plus que tout ce que nous avons déjà vu ici en Suède dans les autres stations de ski. C'est ici qu'a lieu le championnat national de ski alpin. Les pistes ne sont pourtant pas trop violentes par rapport à nos alpes françaises. Il fait très beau et ainsi nous avons une vue dégagée sur les sommets blancs au loin. C'est splendide.

La visite se poursuit chez Anne Laure, une musheuse française venue habiter sous ces latitudes. Elle possède plus d'une vingtaine de chiens et fait des tours pour les touristes dans Idrefjäll. 

 

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Lundi 3 janvier 2011

 

-8 degrés, Neige à seau. Alain se sent enfin mieux. Et il tente de prendre la motoneige. Un petit tour sur le lac pour tester à la fois la glace et son dos. Et nous voici partis avec les 6 chiens pour la boucle de 19 km. Génial, les chiens sont au galop du début à la fin. Alain est obligé d'aller assez vite avec le scooter pour me suivre. Nous sommes bien secoués par les bosses formées par les congères tout le loing du parcours. Nous croisons deux attelages face à face. Ce sont des habitués qui passent sans problème. Les chiens repartent à très vive allure jusquà l'arrivée. Bilan 19 km h de moyenne sur les 19 km. Super ! Norska et Speedy en tête. 

 

Mardi 4 janvier 2011

 

-10 degrés, grosse neige. Alain a de nouveau mal au dos et ne prend pas le départ aujourd'hui. On espère que demain il sera remis complètement. Aussi, je pars seul sous les flocons qui tombent. La visibilité est faible et je vois à peine la trace de la piste. Les chiens, surtout Speedy, arrivent à flairer facilement le circuit à prendre. Je vais jusqu'au refuge d'ID Persaten et poursuit en direction des montagnes par la petite piste qui passe à côté de cette maison en bois. Or, à ce niveau seule une motoneige est passée, il y  quelques jours sans doute. Je n'ai qu'une seule trace et beaucoup de poudreuse. Les chiens n'avancent plus alors qu'ils tirent de toutes leurs forces. A peine 2 km et quasiment 20 minutes plus tard je fais demi tour et reviens sur la piste de retour vers Drevdagen. C'est pas très drôle de circuler ainsi. Je croise Catherine Mathis et ses 14 chiens. Je m'arrête pour la laisser passer, sans trop de dommages et je reprends la route jusqu'à la maison. La neige redouble de violence et je porte le masque qui me protège des flocons. Il fonctionne vraiment bien, car je n'ai jamais de buée à l'intérieur. Alain m'attend dehors car il est inquiet. Il n'était pas prévu que je parte si longtemps. Tout va bien. J'ai tout de même une douleur au genou à surveiller. J'ai dû beaucoup freiner dans cette poudreuse pour contrôler l'attelage.

 

Mercredi 5 janvier 2011

 

-7 Tempête de neige. La visibilité est faible. Les pistes sont effacées. Aussi, avec Alain, nous damons la première partie de la piste sur le lac avec le scooter de façon à faire une trace pour les chiens. 20 cm de poudreuse sont tombés cette nuit. Nous faisons le parcours avec Alain en tête de convoi. Je le suis, les chiens vont vite. J'en ai mis 6. Speedy trouve facilement la piste alors que nous ne la voyons pas. Nous avalons les 19 km en 1 heure. Prodigieux.

Je passe l'après midi chez Catherine Mathis, Thierry Fontaine et Pascal Rebort. J'y suis très bien accueilli. Catherine et Thierry vont faire les courses de longue distance en Norvège avec leurs sibériens. Je leur souhaite bon courage. Catherine part demain pour la Gausdal Marathon, une course de 200 km. Une préparation pour la Femundlopet.

 

Jeudi 6 janvier 2011

 

-10 degrés, très grosse tempête de neige. Les flocons ne cessent de tomber. Nous croulons littéralement sous cette poudreuse. Je préfère ne pas partir avec les chiens pour le moment car, je ne trouve pas drôle de courir dans ces conditions. C'est l'occasion pour repartir sur Idre pour nous approvisionner en nourriture. La route n'est que peu dégagée et j'ai du mal de dépasser les 50 km h même avec des pneus neige. Steak de renne et saumon sauvage seront au menu. 

Vers 16 h, la neige diminue en quantité. Je me lance dans le noir en motoneige afin de me rendre compte de l'état des pistes. On voit vaguement une trace d'un musher passé quelques instants avant. Aussi après un bref repas, je me lance à mon tour sur la piste avec mes 6 chiens, speedy et Vicky en tête éclairé de ma seule lampe frontale. C'est une sensation étrange que de partir dans le noir absolu avec les chiens dans ces montagnes. On se sent seul, et fragile. Tout peut nous arriver, mais quel bonheur intense.

19 km impeccable. Willy a eu du mal de finir. Mais il faut dire que normalement il aurait déjà du prendre sa retraite et ne plus courir. Il fait du rab. C'est bien mon Willy.

 

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Vendredi 7 janvier 2011

 

-11 degrés, ciel dégagé. Il se met à neiger brutalement à gros flocons, puis 1 heure plus tard le temps s'éclaircit. Nous avons des employés du satellite qui viennent nous mettre la télé. En suédois on y comprend pas grand chose. Je pars donc seul cette fois ci sur les pistes non damées. 30 cm de poudreuse fraîche vient ralentir l'allure des chiens. Lopa est fatiguée de son expérience d'hier soir. Elle ne tire plus du tout. Je vais donc essayer d'aller le plus loin possible. Je croise 3 attelages dont deux avec des alaskans de type longue distance. De vraiment beaux chiens. Plus j'avance, et plus le temps s'éclaircit. Je vois au loin des trouées de ciel bleu. J'apercois enfin les cimes blanches des montagnes. Il faut dire qu'à part le premier jour de notre séjour, nous n'avons eu que du temps bouché. Pas de chance cette année. Arrivé à quelques centaines de métres du refuge d'ID persaten je fais demi tour car, je ne trouve vraiment plus de traces et les chiens et moi même ne  savent où aller. Le retour est des plus pénibles car les chiens sont fatigués. Je dois les aider au maximum pour leur alléger la tâche. 20 km vraiment difficiles. Je repasse sur le lac de Drevdagen sous le soleil. Ici le temps change à une de ces vitesses, c'est impensable. On va pouvoir enfin faire des photos du village.

 

Samedi 8 janvier 2011

 

-10 degrés, neige. Journée de repos pour les chiens. Nous faisons juste le tour du village en motoneige. Nous y rencontrons Pascal Rebort et sa femme. Catherine Mathis est déjà partie sur la Gausdal marathon en Norvège. La course va durer tout le week end. En parcourant les maisons de Drevdagen, nous réalisons à quel point le nombre de mushers est important ici. Il y a largement plus de chiens que d'habitants ici.

Nous partons vers 14 h en direction de Sorken en Norvège pour rendre visite à David Godin, un musher français venu s'installer là. Pas facile de le trouver. Grâce à nos téléphones portables nous nous donnons rendez vous sur un parking au bord de la route le long d'un lac. Il est en effet avec son traîneau et ses chiens en train de fabriquer une piste dans 50 cm de poudreuse. Il marche en avant avec des raquettes et ses 7 chiens le suivent à l'arrière. Je n'avais encore jamais vu ça dans ces contrées. Il faut dire qu'en Suède il est plus facile de faire du traineau car nous n'avons qu'à suivre les traces de scooter. En Norvège, l'utilisation de cet engin étant interdite, les mushers doivent faire la trace eux même. C'est sûr c'est une bonne école pour former des chiens de tête. Rendez vous ensuite chez lui, une petite maison jaune au bord du lac Femund.  Nous sommes accueillis comme des rois. Une adresse à retenir.

 

Dimanche 9 janvier 2011

 

-5 degrés, neige. Il est tombé encore 5 cm cette nuit. A vrai dire comme la neige se tasse au fur et à mesure qu'elle tombe, l'épaisseur générale n'excède pas les 60 cm. Pays bizarre. Petit tour de 20 km ce matin. Je double un attelage de malamute. Nous nous enlisons de façon magistrale avec la motoneige juste avant le refuge d'ID Persaten. La couche de neige est trop importante. Je dois faire une sorte de trace avec mes chaussures de façon à ce que les chiens s'y engagent. J'attache ensuite le traineau au patin avant du scooter et les chiens tirent tout l'ensemble. Nous voici dégagés. Demi tour donc car je n'ai pas envie de recommencer cette expérience trop souvent.

 

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Lundi 10 janvier 2011

 

-3 degrés. Nuageux. Nous avons essuyé une véritable tempête cette nuit avec un vent terrible. Nous avons toujours l'impression que la toiture va s'envoler. La neige du toit s'effondre de temps en temps dans un fracas impensable. Aussi, à notre réveil, nous assistons impuissant à la disparition totale de toutes traces.  Nous essayons de traverser le lac en motoneige. L'arrière s'enfonce dans l'eau au milieu de cette grande étendue blanche. Je passe tout de même de l'autre coté, nous sommes perdus. Une motoneige est laissée à l'abandon sur le coté complètement enlisée. Nous rebroussons chemin car il est trop dur d'avancer. Ce sera une journée de repos. L'occasion d'aller manger au resto à Idre.

 

Mardi 11 janvier 2011

 

-3 degrés. Neige. Petit tour de 19 km dans la poudreuse. Il vient encore de neiger 20 cm. Donc plus de piste. C'est la rengaine. Alain doit donc encore damer devant moi. On va pas avancer. Deux attelages face à face. 

 

Mercredi 12 janvier 2011

 

-8 degrés, nuageux. On a enfin une visibilité à peu près normale. Nous allons enfin pouvoir nous élancer sur quelque chose de damé. Je fais d'abord la boucle de 19 km en 1 h 15. Vue la fraicheur du team je m'élance sur la deuxième boucle qui va rallonger de 20 km. Mais là, rien de damé. Pas de chance, les chiens s'enfoncent dans 10 cm de poudreuse grasse. Les 12 premiers kilométres là dessus ont cassé la marche. Les chiens arrivent à Lekosen terriblement fatigués. une pause s'impose. Dominik passe avec les chiens en face de moi. 6 équipages de 5 chiens. Nous nous croisons facilement. Cela a redonné du beaume au coeur aux miens. Les derniers 10 km ont été plus faciles. Seul Willy a eu du mal de finir. Mais il faut dire que normalement il devait être en retraite. Je suis si fier de lui d'avoir fait tout ce qu'il a fait jusque là. Bravo Willy. Super tour de 38 km en 3 heures.

 

Jeudi 13 janvier 2011

 

-19 degrés, plein soleil, enfin. Le temps est passé vite, il nous faut déjà penser à retourner en France et préparer les nouveaux projets canins. 

20 km sous le soleil, ça fait plaisir. Un petit dernier attelage à croiser et mes 8 chiens à fond les manettes du début à la fin. Super génial. 20 km en 1 heure, mon record. Merci les chiens.

 

 

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